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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 09:44

Cet été est marqué par les manifestations d’agriculteurs un peu partout en France. Les filières bovines et porcines sont en première ligne. Les représentants syndicaux dénoncent la faiblesse des prix. On estime que 25 000 éleveurs se trouvent en grande difficulté.

Cette crise de l’élevage, fortement médiatisée, n’est que le reflet d’une économie qui fait la part belle au moins offrant. Les transformateurs préfèrent se fournir dans d’autres pays que d’acheter de la viande française ! Mais comment pourrait-il en être autrement, puisque l’Europe agricole fonctionne sur le principe de la concurrence à tout va, alors même que les conditions de production entre Etats-membres ne sont pas les mêmes !

Dans cette situation de crise, ou encore une fois ce sont les éleveurs les plus fragiles qui « boivent le bouillon », les solutions et critiques vont bon train. Des solutions existent, c’est certain. Saluons au passage l’action du Ministre de l’agriculture qui a pris l’initiative, dès le mois de mai, de réunir l’ensemble des acteurs des filières. Mais ce n’est certainement pas à l’Etat de fixer les prix ! Le Ministre en est bien conscient et l’a rappelé maintes et maintes fois. C’est pourtant une demande que j’entends çà et là de la part de certains élus et représentants professionnels agricoles. Quel paradoxe ! Alors que le monde agricole fait encore majoritairement confiance à la droite libérale – Nicolas Sarkozy et consorts en particulier - quelle surprise d’entendre des responsables du syndicat majoritaire demander à l’Etat de fixer les prix !

Rappelons-le : les responsables politiques de la précédente majorité n’ont eu de cesse de libéraliser l’économie agricole : fin des quotas laitiers sans aucun dispositif de remplacement, mise en place de la Loi de modernisation de l’économie en 2009 qui renforce le rôle de la grande distribution (au moment où un certain Laurent Wauquiez était porte-parole du gouvernement)... Bref, une succession de fausses solutions.

Pour donner une nouvelle ambition à l’élevage français, pour que l’ensemble des maillons des filières soient correctement rémunérés, nous avons besoin de plus d’Europe. C’est à l’échelle de l’Union européenne que des mesures significatives doivent être prises. Pour que les règles de production s’uniformisent et que le marché renoue avec la régulation. Tout ceci ne coûterait pas grand-chose aux contribuables, encore faut-il que la volonté politique existe, ce qui n’est pas le cas, dans une Europe encore dominée par l’esprit libéral.

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commentaires

Mespilus 08/12/2015 21:12

L agriculture doit effectivement etre uniformise au niveau europeen, mais egalement les entreprises agro alimentaires, et la cela impose une uniformisation des droits sociaux, et de la fiscalite!! Cela explique la lenteure des demarches, on ne peut demander a l ensemble des entreprises Européennes d atteindre le niveau de charge de la France, mais demander a la France de faire un pas en avant, en valorisant le travail en reduisant les charges et en devalorisant l assistanat congenital me semblerait deja un bon debut de solution !!

Laporte 23/08/2015 21:27

A force de ne pas rémunérer correctement le travail de nos agriculteurs, et en ouvrant notre agriculture à des pays qui n'ont pas les mêmes charges que nous on arrive à la catastrophe agricole actuelle. Qui fera que notre agriculture de qualité sera amenée à disparaitre comme ça a té les cas pour la sidérurgie, l'industrie...Bravo à nos politiques incompétents pour cet excellent résultat qui va mener à la ruine nos agriculteurs!

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