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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 18:26

Le résultat du Front National au 1er tour de l’élection présidentielle dans de nombreuses communes rurales est une surprise et un événement politique inquiétant qui doit nous interpeller. Quel est le message envoyé par ces électeurs qui ont choisi l’extrême droite ? Comment expliquer ce score dans les campagnes alors qu’en général  l’insécurité, l’immigration, le chômage de masse ne les concernent pas ?

 

Certainement parce que de plus en plus de ruraux ne se reconnaissent plus dans un « système » qu’ils rejettent. Un système qui conduit peu à peu à la disparition des emplois et de tous les services dont les campagnes ont pourtant besoin : l’hôpital, la gendarmerie, mais aussi les médecins, les cafés et commerces, les services bancaires, sans compter le prix des carburants qui ne cesse d’augmenter ! Ce système a un nom : c’est le libéralisme économique, face aux excès duquel la gauche n’a pas été suffisamment vigilante. Un système dangereux, aux sources de la crise actuelle, et que continue pourtant de défendre avec tant de détermination Nicolas Sarkozy.

 

Le quinquennat précédant marque un recul indiscutable des services publics en milieu rural : le nouveau statut de la Poste en est l’exemple le plus symbolique. Que dire de la loi de modernisation de l’économie qui consacre la toute-puissance de la grande distribution au détriment des commerces ruraux et des producteurs agricoles ? Que dire de la politique libérale menée à Bruxelles par les majorités de droite, à laquelle adhère l’UMP, et qui consiste à libéraliser les transports, la santé, l’énergie. Bref, à consacrer l’argent roi à défaut de garantir l’accès à tous et partout à l’emploi et à des services essentiels !

 

Au-delà de ce vote sanction pour l’UMP, le Front National bénéficie aujourd’hui d’un vote d’adhésion. Cette acceptation des thèses du FN est inquiétante mais elle n’est pas surprenante : Nicolas Sarkozy et beaucoup d’élus UMP ont joué avec le feu : en opposant les Français les uns aux autres, en voulant opposer France rurale et France des « quartiers », « valeur travail » et « assistanat », français et immigrés, Nicolas Sarkozy a durablement implanté dans l’opinion les thèses du Front National. Il est le premier à payer les conséquences de cet aveuglement qui abime l’image de notre pays partout dans le monde.

 

La plus grande erreur pour tous ces déçus du « système », serait de se faire abuser par le FN. Au-delà des discours de façades et des formules, le programme du Front National est une catastrophe pour notre pays, en particulier dans le monde rural. La France représente aujourd’hui 1 % de la population mondiale. Nous ne pouvons nous offrir le luxe de l’isolement. Sortir de l’Union européenne ?  Une hérésie qui marquerait la fin de la Politique Agricole Commune, et qui priverait une région comme l’Auvergne d’un montant moyen annuel de près de 550 millions d’euros de fonds européens, dont 500 au titre des soutiens à l’agriculture et au développement rural !  Cette sortie de l’Europe provoquerait une inflation considérable et la destruction massive d’emplois industriels dans les bassins ruraux. La dette de la France exploserait, et des coupes sombres seraient faites dans les services publics à la campagne : actuellement mal en point, ceux-ci seraient condamnés. Le coût des mesures envisagées par le FN serait de 160 à 200 milliards ! Si le libéralisme a rendu malade notre pays, le FN pourrait purement et simplement l’achever. Avec le FN, les territoires ruraux se suicideraient.

 

Aimer la France, ce n’est pas construire des frontières étanches à nos portes ou ressusciter des idées que l’on croyait cantonnées aux heures les plus sombres de notre histoire. Aimer la France, c’est se préoccuper de tous et partout. C’est garantir à chacun un avenir serein là où il vit. Pour protéger nos emplois, assurer l’avenir de nos enfants, sauvegarder notre modèle social, défendre notre agriculture et notre industrie, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. Mais une Europe juste, une Europe démocratique, à l’écoute de tous les citoyens et de leurs attentes. François Hollande porte l’ambition de cette nouvelle Europe et ceci dans tous les domaines, en particulier pour la politique agricole et le développement rural. La PAC, même imparfaite, garantit l’indépendance alimentaire de notre continent et de notre pays. Ne l’oublions pas.

 

Le projet de François Hollande est de redresser la France sur la base d’une économie productive, dont l’agriculture et l’industrie sont deux piliers majeurs. Il est celui qui s’est engagé le plus fermement pour les services en milieu rural : éducation, hôpital, accès à l’internet, transports, énergie. Tous ces services essentiels représentent un droit pour les populations rurales, nécessitent des moyens modernes et un fort engagement de la part de l’Etat et des collectivités locales.

 

François Hollande demande un budget ambitieux pour la PAC, alors que Nicolas Sarkozy demande une diminution du budget de l’Union européenne, et donc de celui de la PAC ! François Hollande s’est engagé pour une augmentation à 75% du montant du SMIC pour les retraites des chefs d’exploitations agricoles et il veut étendre les droits à la retraite des conjoints et aides familiaux. Les 1,8 millions de retraités agricoles dans notre pays, qui ont travaillé toute leur vie, et dont la moitié touche moins de 700 euros par mois, méritent bien ces mesures de justice ! 

 

François Hollande, élu d’un territoire rural, est le seul à s’être engagé avec autant de détermination pour le monde rural. Le 6 mai, aucune illusion possible : l’avenir pour le monde rural, c’est de voter François Hollande !

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