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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 09:35

Personne ne conteste la nécessité de ramener un peu d’équilibre dans les finances publiques, mais les leviers que le gouvernement utilise pour faire des économies sont non seulement contestables, mais aussi contreproductifs. Le projet de loi de finances présenté début octobre ambitionne de ramener les déficits publics à 6 %, contre 8 % attendus à la fin de l’année 2010. Soit. Mais les économies faites sur les interruptions des mesures de relance, de l’ordre de 16 milliards d’euros, et les économies sur les niches fiscales (10 milliards) promettent déjà d’être bien insuffisants pour une ambition de réaliser un effort budgétaire de 40 milliards comme annoncé.

 

Les 10 milliards correspondant à la réduction des niches fiscales ne sont clairement pas à la hauteur des enjeux : il y avait beaucoup plus de marge, sachant que la France détient le record mondial en la matière ! Mais la ligne politique actuelle, symbolisée par le bouclier fiscal, n’est pas à une répartition juste et équitable de l’impôt. En refusant toute hausse générale des impôts, et se privant de nombreuses recettes, le gouvernement se prive d’un levier d’action capital. La conséquence directe de ce choix politique est que la France prévoit de faire porter son effort budgétaire, en 2011, sur les dépenses principalement.

 

Nous allons à nouveau assister, soyons-en sûrs, à des dégâts inévitables dans nombre de politiques publiques. L’austérité conduira cette année encore l’État à diminuer les moyens des collectivités locales, qui sont le principal investisseur en France à l’heure actuelle. Les Régions, les Départements, les intercommunalités se verront rapidement confrontés à des gels en valeur des dotations. L’Éducation nationale va encore perdre des postes (16 000 suppressions envisagées), et le gouvernement a d’ores et déjà embrayé la marche arrière par rapport aux priorités écologiques (moyens budgétaires en baisse, baisse des aides aux installations « propres » des particuliers, etc.

 

Autrement dit, le gouvernement annonce un effort budgétaire pour 2011 qui se base sur des prévisions très optimistes d’une croissance qui serait miraculeusement retrouvée, avec une hypothèse de 2 % peu réaliste et qui porte essentiellement sur une réduction des dépenses, donc aussi des investissements. Cela n’annonce absolument rien de positif, la France risquant de toute façon de voir ses finances publiques dériver à nouveau. Manque de réalisme, casse annoncée des politiques publiques : il n’est pas nécessaire de regarder à la loupe le projet de loi de finances pour 2011 pour constater qu’il est tout simplement irresponsable.

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