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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 20:42

Aujourd'hui je publie un article paru sur le site www.localtis.info le 18 avril 2011 sur les propositions des Régions de France qui, à mon initiative, prônent un aménagement du territoire décentralisé !

 

Pour consulter les propositions de l'Association des régions de France in extenso, cliquez ici !

 

***

 

"Une nouvelle politique d'aménagement du territoire décentralisée. Une politique qui tienne compte des besoins spécifiques des territoires classés en six catégories. C'est ce que propose René Souchon, président du conseil régional d'Auvergne et président de la commission Aménagement du territoire de l'ARF.

 

Après avoir lancé le débat sur l'acte III de la décentralisation, la semaine dernière, l'Association des régions de France (ARF) avance ses propositions pour rénover la politique d'aménagement du territoire. Une politique qui se veut décentralisée et qui repose sur un postulat : "Donner à l'ensemble des territoires ce dont ils ont besoin pour se développer à travers des politiques très différenciées."

 

C'est la vision de René Souchon, dans un document présenté à l'ARF, le 13 avril. Selon le président du conseil régional d'Auvergne, également président de la commission Aménagement du territoire de l'ARF, la politique  mise en place dans les années 1970 pour corriger les effets du développement envisagé après-guerre, s'essouffle dans le nouveau contexte mondialisée. Globalisation, ouverture, vieillissement, mobilités géographiques accélérées, montée en puissance du développement numérique, risques écologiques sont autant d'évolutions auxquelles les territoires, dans leur diversité, ont à faire face.


Ajoutés à cette nouvelle donne, la réduction du rôle de l'Etat, les nouveaux arbitrages financiers, et l'existence de centres décisionnels éclatés (Europe, Etat, collectivités territoriales) "complexifient une vision cohérente du territoire et de ses dynamiques et nécessitent de passer d'une logique de planification à une logique systémique prenant en compte les projets et leurs acteurs". Une logique où chaque territoire bénéficie d'un traitement spécifique. Six types de territoires sont ainsi identifiés : les espaces à conforter en termes d'attractivité, les espaces à dominante rurale, les territoires à très forte poussée démographique, les espaces périurbains, les banlieues et les quartiers difficiles et les espaces transfrontaliers.


Pour chacun d'eux, René Souchon propose des solutions adaptées. "Ces zones ont des besoins spécifiques. Pour les banlieues par exemple, il n'y a jamais eu une vision d'ensemble au sein des politiques d'aménagement du territoire", insiste René Souchon, qui préconise pour ces zones-là d'engager un "véritable plan : équipements collectifs, transports et désenclavement, mais aussi destruction des barres et relogement des habitants avec une réorganisation de la vie des quartiers", dans le cadre d'un partenariat "robuste" entre l'Europe, l'Etat et les collectivités territoriales.

Limiter l'étalement urbain

Concernant les territoires ruraux, autres besoins, autres réponses. Alors qu'ils couvrent 70% du territoire national, abritent moins du cinquième de la population française et connaissent un renouveau démographique, René Souchon estime qu'il faut conforter les bourgs-centres et les petites villes, qui sont les premiers "pôles de centralité" offrant un panel de services (santé, commerces). "Il convient sur ces territoires de développer des emplois de l'économie résidentielle et présentielle. Parallèlement il est préférable de ne pas s'acharner à maintenir l'infrastructure tertiaire des villages et engager une réflexion sur le fonctionnement mutualisé des services afin d'en diminuer les coûts", précise le document.

 

Autres actions à engager pour ces territoires : créer des actions productives, renforcer les liens de ces espaces avec les villes moyennes et les capitales régionales "en s'appuyant sur un aménagement numérique performant", prévenir les conflits quant à la gestion de l'espace et valoriser les espaces de montagne.


Le président du conseil régional d'Auvergne analyse aussi l'évolution des métropoles, leurs atouts et leurs contraintes. Pour l'Ile-de-France par exemple, qui assure à elle seule près de 30% du PIB national et apparaît comme l'une des six régions les plus riches de l'Union européenne, René Souchon estime qu'il faut renforcer son caractère moteur tout en limitant "un étalement sans fin de l'agglomération" pour éviter les problèmes induits par son positionnement (congestion, hausse des prix du logement, dégradation environnementale).

 

"C'est la première fois que, dans une politique d'aménagement du territoire, on pense à l'Ile-de-France pour dire qu'il faut qu'elle arrête de grossir", souligne-t-il. Même traitement pour les autres métropoles comme Lyon, Marseille-Aix, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice et dans une moindre mesure Nantes et Strasbourg : poursuivre le développement initié, mais éviter que ces métropoles s'étendent à l'infini...

Huit axes thématiques

La lutte contre l'étalement urbain fait d'ailleurs partie des huit axes thématiques* qui doivent servir d'ossature à cette nouvelle politique d'aménagement du territoire. Le président du conseil régional d'Auvergne insiste davantage sur l'une d'entre elles, le numérique, estimant que "depuis le chemin de fer, on n'a jamais eu un tel levier pour développer les territoires".

 

En termes de gouvernance, le document est clair : "Cette vision renouvelée de l'aménagement du territoire doit être portée par les régions mais pas seulement." Il imagine ainsi plusieurs outils pour mettre en place une nouvelle gouvernance : une coordination entre les politiques européenne et nationale, la création d'un observatoire de l'ensemble des territoires qui puisse avoir une vision des territoires à trente ou quarante ans, et une organisation régionale basée sur des observatoires régionaux du développement du territoire. 

 

René Souchon va également proposer que les régions organisent une fois par an une conférence nationale de l'aménagement du territoire. Si le texte principal est déjà passé dans les mains de l'ARF, l'élu compte présenter ses pistes de meilleure gouvernance le 23 juin à la commission Aménagement du territoire de l'ARF, pour un passage par la suite à l'assemblée générale de l'association. "Tout ça doit s'inclure dans l'acte I de la décentralisation, précise-t-il, avec un rôle plus important des régions."

 

Emilie Zapalski

 

*Les huit axes thématiques sont les suivants : maîtrise de l'étalement urbain, développement des politiques de logement et de mixité sociale, préférence au transport collectif, relance des politiques d'industrialisation et de service à l'industrie, soutien aux économies alternatives et à l'économie dite verte, développement du très haut débit, préservation de la biodiversité, soutien et renforcement des services.

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 17:26

A quelques mois de l’élection présidentielle, alors que certains tentent de confiner le débat politique  à un niveau indigne d’une démocratie, les Français méritent mieux. L’emploi, la formation, la fiscalité, l’énergie sont des enjeux dont dépendent leur avenir et celui de leurs enfants. Ce sont ces thèmes qui doivent nourrir les discussions d’ici à 2012 pour permettre aux électeurs de  choisir celui ou celle qui demain dirigera le pays. 

 

Parmi les dossiers stratégiques il en est un qui nous tient particulièrement à cœur : la décentralisation. Amorcée par les lois Defferre au début des années 1980, poursuivie ensuite avec des fortunes diverses, elle est aujourd’hui en grand danger. L’Etat veut reprendre le contrôle des collectivités locales et pas seulement sur le plan financier : la création annoncée du conseiller territorial – à la fois conseiller général et conseiller régional – va inverser, si elle est menée à son terme, un mouvement positif initié il y plus de trente ans. Au prétexte de faire des économies, les deux assemblées – le conseil général et le conseil régional – verront leur rôle amoindri et la répartition de leurs compétences sombrer dans la confusion. Le citoyen n'aura plus le lien de proximité avec son élu local.

 

Or la France a plus que jamais besoin de pouvoirs locaux forts. La vitalité de sa démocratie en dépend. Comment « penser global et agir local », à l’instar de tous les grands pays industrialisés si, comme naguère, tout procède d’un Etat jacobin par ailleurs financièrement exsangue. Comment renouer les liens sociaux et renforcer notre compétitivité sans une présence forte des territoires ? Car, par delà les sensibilités politiques, la décentralisation, en bref la responsabilisation des pouvoirs locaux, a déjà partout amélioré les services publics (à l’exemple des lycées ou des TER), conforté l’aménagement du territoire, produit du développement économiques.

 

Une étape supplémentaire s’impose désormais. Elle suppose d’abord une clarification des compétences entre Etat et Régions.

 

Le premier doit évidemment conserver ses responsabilités régaliennes, ainsi que  les principaux leviers de la fiscalité nationale et des normes sociales. Il doit disposer des moyens humains et matériels que requièrent l’éducation, la défense, la justice, la police, l’édiction des normes ou l’élaboration des stratégies industrielles

 

Les autres tâches gagneront à être prises en charge par les collectivités territoriales avec une place particulière pour la Région, la plus jeune des collectivités territoriales mais qui aujourd’hui a déjà fait ses preuves. La formation professionnelle, le développement économique, l’innovation, l’aide aux PME, le développement des transports ferroviaires régionaux, doivent être au cœur de sa mission et de ses compétences.  A elle aussi de prendre la tête d’un service public Régional de la formation, en charge de l’insertion (ou de la réinsertion) des demandeurs d’emploi, de l’orientation et de l’apprentissage. Et, de même qu’elles ont profondément modernisé les lycées, les Régions pourraient se voir confier des missions comparables à l’Université, alors que, pour l’heure, les plans « Campus » se font attendre.

 

Comptable de l’intérêt général, dirigée par des hommes et des femmes élus, la Région pourrait, aussi à terme, disposer d’un pouvoir normatif, pour mettre en œuvre ces compétences nouvelles. C’est déjà le cas sur une partie du territoire de la République, et dans plusieurs pays membres de l’Union européenne. L’élargir à l’ensemble de notre pays ne menacerait ni l’unité de la France ni l’égalité entre citoyens. Il s’agit au contraire d’une chance à saisir comme l'autorise la Constitution.

 

Une telle ambition implique une réforme de la fiscalité locale. La suppression de la taxe professionnelle et le gel des dotations de l’Etat pour les trois années à venir conduisent à l’asphyxie financière des Régions. Leur existence comme collectivité territoriale de plein exercice est menacé. Ironie du sort, si ces réformes n’avaient pas lieu, les Régions seraient dans l’incapacité de l’aider à financer les projets d’aménagements, qu’il s’agisse des LGV ou des Universités.

 

Décentraliser permettra de revitaliser notre démocratie. Mais c’est aussi un enjeu d’efficacité, en particulier pour enfin réformer l’Etat et lui permettre d’exercer au mieux ses tâches, aujourd’hui compromises par un manque de moyens sans précédent, dans des secteurs aussi cruciaux que l’Education, la sécurité ou la Justice

 

Des solutions existent pour assurer aux Régions les ressources financières à la mesure de leurs ambitions. Encore faut-il le vouloir. Le débat sur la décentralisation n’est pas médiocre comme le prétendent certains. Il conditionne notre capacité collective à faire véritablement entrer la France dans le  21ème siècle.

 

Tribune parue dans Le Monde du 13 avril 2011, signée par l'ensemble des Présidentes et des Présidents de Région de gauche.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:15

Les fameuses Grandes Gueules d’RMC ont garé leur wagon à bord du train de l’emploi et de l’égalité des chances à Clermont-Ferrand, mercredi 23 mars et j'étais l’invité des 30 dernières minutes.

 

Politique, emploi, jeunesse, numérique, agriculture, TGV, Vulcania : j'ai répondu aux retentissants Alain Marschall, Jacques Maillot, Etienne Liebig, Pascal Perri et Didier Giraud avec plaisir !

 

Pour (ré)écouter l'émission :

 

http://podcast.rmc.fr/channel36/20110323_gg_3.mp3

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 15:36

 

 

jcl-ps 14mars 1984               

 

Dimanche 20 mars prochain, la moitié des cantons d'Auvergne sont renouvelables.

 

Je vous invite toutes et tous à vous prononcer pour les candidats du parti socialiste des quatres départements afin de pouvoir bâtir une Auvergne plus juste et plus solidaire.

 

Un an après les élections régionales et le large succès obtenu par une Gauche rassemblée, il est nécessaire d'accentuer ce mouvement tout en sanctionnant les candidats du Président de la République et de l'UMP.

 

Je compte sur vous !

 

 

 jcl-ps 14mars 2013

 

  

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 15:37

En limogeant Michèle Alliot-Marie, et avec un énième remaniement ministériel sans réelle conséquence, Nicolas Sarkozy ne donne finalement aucun signe encourageant sur la capacité de la France à tirer les leçons des événements survenus récemment dans le monde arabe. Nous avons « fait un exemple », désigné un bouc émissaire en la personne de MAM, mais Nicolas Sarkozy se montre incapable de faire un mea culpa. Ce n’est pourtant pas Michèle Alliot-Marie, qui a reçu en 2007 à l’Élysée Mouammar Kadhafi en lui déroulant le tapis rouge ! C’est notre Président de la République, en personne et en grande pompe.

 

D’autres réceptions et relations diplomatiques sont discutables. Souvent le pouvoir de l’argent nous fait perdre le fil de nos idéaux, de nos combats. Qu’exige la France, en matière de respect des droits sociaux et de respect des Droits de l’Homme, des partenaires économiques qui nous achètent des avions ou des trains grande vitesse ? Pas grand chose. Depuis trop d’années, la France ferme les yeux en échange de gros chèques : ici sur certains régimes politiques autoritaires, là sur le travail des enfants…

 

La patrie des Droits de l’Homme mérite mieux qu’une politique extérieure de marchands du Temple. Elle mériterait d’être repensée, corrigée non pas en fonction d’intérêts économiques mais au regard de la devise nationale : « Liberté, égalité, fraternité », qui n’a de sens que si l’on souhaite lui conférer un statut universel. L’explosion populaire vécue par les pays arabes nous met face à nos propres contradictions, et nous rappelle nos soutiens les moins glorieux, les plus contestables.

 

Il faudrait prendre ces événements comme une chance pour la France : comme le point de départ d’une « nouvelle » politique étrangère à bâtir, qui soit courageuse et en adéquation avec nos valeurs démocratiques et républicaines. Surtout, ce qu’il ne faudrait pas, c’est « faire un exemple » en éjectant un ministre pour pouvoir continuer comme avant, sans que rien ne change. Malheureusement, je crains que le président Sarkozy ait fait  le choix de ne pas choisir.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 09:41

Le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos, se montre ouvert à une régionalisation des aides de la PAC, indique le rapporteur du Comité des régions sur l'avenir de la PAC, René Souchon, alors que, selon lui, le maintien de son budget après 2013 semble aujourd'hui assuré.

 

"La PAC sera sauvée." C'est le sentiment de René Souchon, rapporteur sur l'avenir de la PAC au Comité des régions, au lendemain de la session plénière du comité des 27 et 28 janvier, à laquelle a assisté le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos. Selon lui, l'avenir de la PAC n'est pas menacé sur le plan budgétaire et il est même certain qu'elle représentera le premier poste du budget de l'UE pour la période 2014-2020. Les discussions sur la PAC après 2013 sont lancées depuis la communication de la Commission européenne du 18 novembre 2010. Parmi ses propositions : orienter les paiements directs en faveur des agriculteurs vers le développement durable, simplifier les instruments de gestion des marchés et renforcer la compétitivité et la promotion de l'innovation de la politique de développement rural. La Commission propose aussi de nouvelles mesures afin d'aider les agriculteurs à faire face à la volatilité des prix et des revenus. 

Sauvée au détriment de la politique régionale

Mais l'avenir de la PAC est tributaire du contexte de restrictions budgétaires qui accompagne les négociations sur le futur budget de l'Union européenne. Pour la première fois, le budget de la PAC et celui de la politique de cohésion sont négociés en même temps. Ces deux politiques représentent respectivement 42,7% et 35,7% du budget européen pour la période 2007-2013. De fait, les deux politiques sont mises en concurrence. Quant à savoir laquelle risque d'en faire les frais, il faut distinguer "le discours officiel de la vérité", estime le président du Conseil régional d'Auvergne. Le discours officiel, qui se veut rassurant, est celui du commissaire à la politique régionale, Johannes Hahn. En 2010, il s'était prononcé en faveur d'un maintien de la politique de cohésion pour toutes les régions européennes. C'est l'un des enjeux du forum sur l'avenir de la politique de cohésion qui se tient jusqu'à mardi soir à Bruxelles. Mais selon René Souchon, "il faut être lucide, réaliste", la PAC sera sauvée au détriment de la politique régionale. Cela tend à se confirmer par la position franco-allemande du 18 novembre 2010 et le discours du ministre de l'Agriculture et de l'Aménagement du territoire, Bruno Le Maire, lors de ses voeux à la presse, le 26 janvier 2011. Ce dernier, chargé de négocier les deux dossiers en même temps pour le compte de la France, ne cache plus sa préférence pour une PAC forte et une politique de cohésion recentrée sur les régions qui en ont le plus besoin, comme il l'a expliqué dans une interview au quotidien spécialisé Euractiv.fr.


Maintien du budget de la PAC ? La France et l'Allemagne, les deux premiers bénéficiaires de la PAC avec respectivement 9,5 et 6,3 milliards d'euros en 2009, se sont prononcés pour. Mais, selon René Souchon, il faudrait aller au-delà. En effet, les Etats membres étant plus nombreux et les pays de l'Est réclamant plus d'aide, le maintien du budget de la PAC à périmètre constant semble difficile. Un rééquilibrage des aides amènerait la France et l'Allemagne à voir leur retour sur contribution diminuer.

Filets de sécurité

Pour que les collectivités territoriales puissent pleinement jouer leur rôle, deux enjeux essentiels doivent être respectés, insiste René Souchon : la régulation des prix du marché et la régionalisation des aides.


Concernant la régulation, l'élu est assez sceptique. En effet, il regrette que les propositions de réforme de la PAC ne prévoient pas de mesures de régulation fortes, mais seulement des "filets de sécurité". Ainsi, pour faire face à la mondialisation, la Commission européenne n'a prévu d'inclure "l'extension de la période d'intervention, l'application de la clause dite de "perturbation du marché" et du stockage privé à d'autres produits qu'en cas de crise des prix et de perturbation du marché. Ces mesures, telles que le prix d'intervention, permettent à l'Union européenne, pour un produit agricole donné, de fixer une sorte de prix minimum pour les agriculteurs européens, afin de soutenir les prix sur le marché communautaire. Ainsi, en cas de surproduction, les prix chutent. L'Union européenne peut alors racheter au prix d'intervention les denrées pour les stocker et les revendre plus tard moins cher. Mais selon René Souchon, ces mesures sont le fruit d'une "Europe libérale" et ne suffiront pas à maintenir l'agriculture et à lutter contre la volatilité croissante des prix. Un exemple concret est celui du bassin allaitant français qui est menacé par l'importation de viande brésilienne bien meilleur marché.

Zones de montagne

"Le commissaire s'est montré positif sur les thèmes abordés avec le Comité des régions", explique René Souchon, qui a pu s'entretenir directement avec lui lors d'un débat organisé par l'Association des régions européennes et des produits d'origine (Arepo). Le commissaire s'est notamment montré ouvert sur la question de la gouvernance territoriale des régions et prévoit même des mesures pour s'adapter aux zones de montagne. Les deux hommes se sont mis d'accord sur l'octroi d'un soutien plus important à ces régions ayant des gains de productivité faible et qui sont donc peu attractives. Ils considèrent qu'une gouvernance territoriale permettrait de prendre en compte leurs handicaps avec des adaptations spécifiques.


L'autre enjeu essentiel serait de "régionaliser les aides de la PAC". Cette territorialisation au niveau régional permettrait de mieux articuler politique de développement rural et politique de cohésion pour assurer une meilleure cohérence sur le même territoire. En effet, le développement durable, financé par le Feader, est géré au niveau national, tandis que le développement territorial, financé par le Feder, est géré au niveau régional. La mise en œuvre des aides de la PAC à l'échelon pertinent permettrait de valoriser le potentiel de ces régions et de tenir compte de leurs spécificités. En effet, il y a aujourd'hui une multitude de modèles d'agriculture et selon René Souchon, seules les régions sont capables d'apprécier ces divergences. Il avait déjà insisté sur ce besoin de régionaliser les aides dans son rapport d'initiative présenté en mai 2010, mais cela n'a pas été repris dans les propositions de la Commission européenne. Pourtant l'Assemblée des régions d'Europe ainsi que le commissaire Dacian Ciolos seraient d'accord. Il semble que le problème reste politique.


Dès lors René Souchon se dit "inquiet" pour les territoires ruraux, notamment pour les régions à handicap naturel, telles que les zones de montagne. Certaines d'entre elles sont menacées par le projet de révision des critères de zonage qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2014. Les zones défavorisées simples et de piémont en seraient les premières victimes, une région comme l'Auvergne en pâtirait lourdement.


Verdissement de la PAC

 

"La PAC de demain sera beaucoup plus orientée vers le développement durable qu'en 2007", souligne enfin René Souchon. Ainsi, la Commission européenne propose de renforcer les performances environnementales de la PAC au moyen d'une composante écologique obligatoire dans les paiements directs. Dès lors, au-delà des exigences minimales pour l'obtention du premier niveau d'aide (paiement unique à l'hectare), les pratiques et systèmes de production les plus respectueux de l'environnement et des ressources naturelles seront encouragées. Selon René Souchon, on assiste à une évolution dans les mentalités qui se traduit par un rejet de ce qui n'est pas de qualité. Lors de la session plénière, le Comité des régions a ainsi adopté à l'unanimité un avis sur les systèmes agroalimentaires locaux. Cet avis prévoit notamment la création d'un programme de soutien à la promotion des produits agroalimentaires locaux qui dépendrait du premier axe du second pilier de la PAC. Il promeut les circuits courts et la relocalisation des produits de qualité.


Dans la lignée de ces travaux, René Souchon présentera prochainement un rapport sur les "spécialités traditionnelles garanties". Le qualitatif ne pouvant être dissocié du développement durable, le président du conseil régional d'Auvergne considère que l'Europe entre dans une nouvelle ère et que "la PAC de demain n'aura que qualitativement peu à voir avec la PAC d'hier".

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 15:37

Janv.-20-2011_Rencontre-ARF-PM-006.jpgCela faisait un bon moment que mes collègues de l’Association des Régions de France et moi-même demandions à être reçus par le Premier Ministre à Matignon, le dialogue ayant été longuement interrompu. Aux côtés du président de l’ARF, Alain Rousset, nous sommes heureux d’avoir enfin pu rencontrer, jeudi 20 janvier, François Fillon , qui était accompagné de François Baroin et Philippe Richert. Pour l’ARF, cette entrevue a tout d’abord été l’occasion de mettre l’accent sur les conséquences désastreuses de la réforme territoriale.

 

Les collectivités, à commencer par les Régions, sont de gros « investisseurs » sur le plan national. Une réforme qui entraîne la perte de leur autonomie financière est particulièrement paralysante. C’est à ce titre que les présidents de Régions souhaitent une rapide clarification des compétences entre l’Etat et les Régions, et surtout qu’une solution soit trouvée pour les ressources de nos collectivités. Il est impératif de doter les Régions des moyens nécessaires pour assurer leurs missions dans les meilleures conditions possibles. Nous savons tous que le coût de la vie augmente, que nos compétences régionales ne font que s’accroître, et pourtant, en 2011, l’Auvergne a dû bâtir son budget avec 18 millions d’euros de moins qu’en 2010 ! L’Etat ne peut pas ignorer plus longtemps cet état de fait : des marges de manœuvre de plus en réduites compromettent le développement à venir de nos territoires.

 

Au cours de cette rencontre avec François Fillon, il a été convenu que l’Etat et les Régions lancent plusieurs groupes de travail communs. C’est très important : il est crucial que nos collectivités soient consultées sur les questions de stratégie économique et industrielle, d’aménagement du territoire ou d’avenir des transports ferroviaires, pour ne prendre que quelques exemples. Voilà les messages qu’avec Alain Rousset et la délégation de l’ARF, nous sommes allés porter à Matignon, où nous avons enfin été reçus. Le rétablissement du dialogue entre l’Etat et les Régions était nécessaire, en conformité avec l’ambition de la décentralisation. Souhaitons qu’à l’avenir, les échanges entre nous ne soient pas à sens unique et que les Régions seront écoutées, comme il se doit, au plus haut niveau de l’Etat. Les Régions ont besoin de la solidarité nationale, certes ; mais la France, à l’instar des autres pays d’Europe, elle aussi, a besoin des Régions…

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:44

Lors des vœux que nous avons adressés avec toute mon équipe à la presse auvergnate lundi dernier, j’ai voulu insister sur un message d’avenir et parler de notre patrimoine commun : la vie de la cité au sens large et le chantier, toujours renouvelé, de la République.

 

Pourquoi cet appel à la République au seuil d’une nouvelle année ? Parce qu’à l’instar du titre du petit pamphlet de Stéphane Hessel, « Indignez-vous », 2011 s’ouvre avec de nombreux motifs d’indignation.

 

La République est une promesse au point mort. Léguée par des générations d’humbles militants de la liberté et de l’égalité qui n’ont jamais dissocié ces deux idéaux difficiles à atteindre, pénétrés de l’universel, le cadre de notre vivre-ensemble est en danger.

 

« Chaque citoyen est roi en république » disait-on sous la Révolution. Comme pour mieux signifier qu’il n’y avait pas de limites aux droits des citoyens hors les droits des autres citoyens eux-mêmes. Ce combat a toujours été difficile à mener. Deux siècles d’existence difficile, de victoires et de défaites entrecoupés de nombreuses régressions n’ont pas mis Marianne à l’abri.

 

Ce péril est à la mesure des politiques menées par la droite depuis 2002 (9 ans !).

 

Chaque année produit sa loi sécuritaire et rappelle que le pouvoir et l’autorité ont toujours besoin de ce genre d’alibis aussi ostentatoires qu’inutiles lorsqu’ils peinent à s’incarner. Ainsi le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux « Roms » cet été est une insulte à la France et à l’idée que notre pays a offert au monde en 1789.

 

Chaque année produit aussi le détricotage des progrès sociaux qui faisaient que le renard n’était pas totalement libre dans le poulailler. Or les grandes féodalités économiques et financières ont pris totalement la direction de l’économie et la religion du tout marché, malgré son extrême usure, sacrifie toujours plus sur son autel les forces du travail.

 

L’école et les services publics, qui furent pendant longtemps le patrimoine de ceux qui n’en avaient pas, sont paupérisés à l’extrême. Les mots comme « ascenseur social » ou « méritocratie » paraissent dignes d’être exposés dans les musées d’archéologie tant ils figurent des souvenirs. 

 

L’injustice fiscale atteint des sommets que l’Ancien Régime n’a pas à nous envier tant l’on constate que d’un côté l’immense majorité est accablée dans son quotidien et paie pour une minorité qui a déjà tout et que l’on exempte sans cesse de l’effort commun !

 

Et ce n’est pas l’abrogation annoncée de l’ISF qui ira dans le bon sens ! « Le premier devoir de ceux qui sont épargnés est de se montrer solidaires de ceux frappés par le destin » avait rappelé François Mitterrand. 15 ans après sa mort, son message demeure.

 

Enfin et c’est le plus grave, l’impartialité de l’Etat n’existe plus, la morale et l’éthique non plus, tout comme la séparation des pouvoirs !

 

La situation nationale est donc préoccupante et s’il n’y a pas lieu d’espérer un changement de cap, il y a lieu de préparer la victoire en 2012 des forces de la jeunesse et du travail.

 

Comme le disait Sartre, « je ressens encore l’espoir comme ma conception de l’avenir ». Je le rejoins, résolument déterminé à mener toujours plus loin, à l’échelle locale, dans les laboratoires de progrès que sont les collectivités de gauche, à la Région Auvergne, des politiques audacieuses et innovantes, porteuses de progrès et de bonheur pour le plus grand nombre.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 15:44

J’adresse à chacune et chacun d’entre vous, au nom de la Région Auvergne, mes vœux les plus sincères de santé, de réussite dans vos projets et de bonheur avec vos proches à l’occasion de cette nouvelle année.

 

Dans un quotidien qui ne cesse de se durcir, marqué par une montée de l’injustice sociale, je veux vous dire combien j’aspire, et vous aussi j’en suis sûr, à un nouveau modèle de développement, à un nouveau monde, qui place l’Humain au cœur des priorités.

 

Je souhaite, aux côtés de ma majorité, construire une Auvergne plus grande et plus juste où chaque individu ait la possibilité s’épanouir, sur le plan personnel comme sur le plan professionnel.

Notre mission d’élus, c’est d’améliorer le sort de nos concitoyens, de leur redonner confiance, en l’action publique et en un avenir commun.

 

Cette nouvelle Auvergne, en marche vers l’avenir, nous la construisons en combattant les inégalités, les fractures :

 

-          La fracture numérique, grâce au déploiement du Très haut débit,

-          La fracture territoriale, grâce à la mobilisation pour l’arrivée de la Ligne à grande vitesse en Auvergne, qui connaîtra un temps fort le 25 février avec le rassemblement à la Grande Halle de toutes celles et ceux qui souhaitent un tracé qui n’exclut pas l’Auvergne ; grâce aussi à l’ouverture d’une ligne aérienne vers le Sud de l’Angleterre, qui permet cette ouverture européenne qui m’est chère,

Briser la fracture territoriale, c’est donner les mêmes chances à tous les territoires de la Région, qu’ils soient ruraux ou urbains.

 

 Notre ambition, c’est de faire de l’Auvergne une région attractive et dynamique qui sache à la fois attirer de nouvelles populations, mais également donner envie de rester à celles et ceux qui y vivent déjà, et notamment les jeunes.

 

Je voudrais m’adresser tout particulièrement à cette jeunesse, si essentielle à notre avenir commun que nous l’avons déclarée Grande cause régionale du mandat. Touchés de plein fouet par la crise, les jeunes Auvergnats peuvent compter sur la Région, au travers de notre investissement dans les lycées, de notre soutien à l’apprentissage, à la formation et à l’enseignement.

 

L’année 2011, sera marquée par de nouvelles mesures à destination des jeunes, résultat de la grande consultation des 16-30 ans menée sur tout le territoire dans le cadre des Assises de la Jeunesse. Les propositions des jeunes, ainsi que celles des professionnels de la jeunesse, des élus locaux…, seront regroupées dans le Livre blanc de la Jeunesse, publié début février 2011 et grâce auquel nous pourrons adapter nos dispositifs d’aide au plus près des besoins et des attentes de la jeunesse.

 

Car c’est pour cette jeunesse,  et avec elle, que nous voulons construire l’Auvergne de demain, une Auvergne plus humaine, solidaire et soucieuse de son développement.

 

Ce développement, que nous souhaitons durable et solidaire, passe également par des actions fortes en matière d’emploi, avec la mise en œuvre, en 2011, de l’Opération Graine d’Emplois, visant à identifier de nouveaux gisements d’emplois liés notamment à l’environnement ; mais aussi en direction de la profession agricole, qui ne doit plus subir les évolutions dues à la mondialisation, mais être également actrice de ce nouveau modèle de développement.

 

Cette Auvergne plus Grande et plus Juste, cette Auvergne qu’on nous prédit comme l’une des grandes gagnantes des années à venir en terme de gain de population, c’est avec l’ensemble des citoyennes et citoyens auvergnat(e)s que nous voulons et que nous pouvons la construire.

 

Très bonne et heureuse année à tous !

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 14:44

En tant que président de Région, je ne peux évidemment que me féliciter des résultats de la dernière publication de l’Insee Auvergne, qui nous annonce une croissance démographique intéressante pour les trois prochaines décennies, par le jeu des projections démographiques. À l’horizon 2040, l’Auvergne pourrait, selon ces projections, voir sa population globale augmenter de 8 % par rapport à l’année 2007. Une hausse que l’Auvergne devrait en grande partie à l’accueil de nouvelles populations, qui génère un solde migratoire positif.

 

Bien sûr, il ne faut jamais se reposer sur des projections, et penser que les choses se feront d’elles-mêmes. Voilà donc une bonne occasion, pour tous les décideurs, de se rappeler que les efforts pour redorer le blason démographique auvergnat sont réellement payants, et qu’il convient de poursuivre dans la même voie afin de faire de l’Auvergne une région toujours plus attractive. Autrement dit, nous devons agir et continuer à nous battre pour doter l’Auvergne des infrastructures nécessaires à son développement futur : œuvrer pour la concrétisation d’une ligne grande vitesse et du réseau numérique en très haut débit restent des priorités qui permettront de structurer notre développement. Accueillir les entreprises dans les meilleures conditions, ce que nous faisons déjà à travers de multiples dispositifs (dont les résidences d’entrepreneurs), est également un enjeu capital.

 

Enfin, il faut aussi souligner, encore une fois, que l’Auvergne bénéficie d’un patrimoine naturel préservé, et qu’aucun perspective de développement, économique ou démographique, ne doit nous faire oublier de continuer à le sauvegarder. Sa nature est l’une des richesses de notre région : à nous de faire en sorte qu’elle reste belle, d’avoir une politique d’aménagement du territoire suffisamment « douce » pour laisser respirer une Auvergne qui est attractive !

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