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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 15:57

 

Alors que le récent remaniement ministériel a été l’occasion pour le futur candidat Sarkozy de préparer le terrain politique pour l’élection de 2012, ce dernier organise une nouvelle fois un déplacement sur le thème de la ruralité et de l’agriculture. La destination choisie cette fois-ci est l’Auvergne, et plus précisément l’Allier, alors qu’une future candidature de Brice Hortefeux sur le secteur de Vichy aux prochaines élections cantonales est de plus en plus évoquée. La manœuvre apparaît d’emblée comme une démarche caractérisée de pré-campagne dont personne n’est dupe. Il s’agit de choyer un électorat rural qui peu à peu se lasse des tergiversations présidentielles incessantes. 

 

L’Auvergne a déjà accueilli Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire en septembre 2006 dans un contexte de pré - campagne électorale à l’occasion de la finale nationale de concours de labour organisée à Vergezac en Haute-Loire. Une visite le temps d’un discours plein de compassion pour le monde rural et nos agriculteurs. Des propos et des  promesses non suivis d’effets. Quatre ans plus tard, il était absent lors de l’ouverture du Salon de l’agriculture, provoquant un tollé chez les organisateurs et la profession. Plus récemment, c’est son ministre de l’agriculture qui « séchait » l’édition 2010 du Sommet de l’élevage dans un contexte de crise agricole exprimées par des manifestations d’éleveurs en plein doute.

 

Il faut enfin déplorer le rattachement de l’aménagement du territoire et de la ruralité au ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la pêche. La suppression du portefeuille dont Alain Mercier avait la charge est un mauvais coup porté à la ruralité. En concentrant de trop nombreux champs de compétences entre les mains de l’actuel Ministre de l’agriculture, le Président créée une administration « fourre-tout » sans projet agricole et rural, sans vision de l’avenir de nos territoires. Un ministère pour attendre 2012, alors que la ruralité ne peut plus attendre.

 

La cohérence entre le parcours politique de Nicolas Sarkozy et sa récente préoccupation pour le monde rural  ne va pas de soit. Le Président a trop longtemps été de ceux qui défendaient mordicus le libéralisme économique pour aujourd’hui se rendre compte, un peu tard, des méfaits de ce système sur l’équilibre de nos territoires ruraux. L’Auvergne, de ce point de vue, illustre à quel point libéralisme et ruralité ne font pas bon ménage.

 

En matière d’agriculture, et puisque le Président aura l’occasion de s’y intéresser, notons que la crise laitière récente et non encore résolue, traduit les menaces d’une trop grande ouverture des marchés à la libre concurrence. Dans une région laitière comme l’Auvergne, l’appréhension de l’après quotas est grande, tant les incertitudes pèsent sur la sauvegarde de notre production régionale dans une économie agricole non régulée.

 

Que dire également des logiques commerciales qui renvoient aux oubliettes l’aménagement du territoire. Les contraintes de reliefs sont réelles en Auvergne et le développement des grandes infrastructures de transports ferroviaires se heurte toujours à la nécessité de rentabilité. Les atermoiements actuels de l’Etat qui tarde à financer une ligne à grande vitesse desservant pleinement l’Auvergne en dit long sur le manque de considération du pouvoir actuel à l’égard d’un territoire comme le notre. Cette logique économique est aussi celle qui préside au développement de l’internet très haut débit dans notre pays. Là encore,  seule l’action de la puissance publique peut empêcher le désert numérique. L’internet très haut débit représente une opportunité majeure, marquant une rupture tout aussi importante que celle qui avait été marquée par l’arrivée du train au 19ème siècle. ...Un rendez vous à ne pas manquer, mais qui nécessite des moyens de l’Etat au nom de la solidarité territoriale et de l’égalité républicaine. Ces technologies sont devenues à mes yeux « un droit universel » pour les populations. Il en va de la qualité de l’éducation, de la capacité à travailler partout sur le territoire.

 

Que dire enfin de l’évolution des services publics, dont on voit bien là encore que leur existence est encore trop souvent menacée dans de nombreuses régions rurales. Pourtant l’accès aux services de santé, l’accès aux services postaux, à l’éducation, aux transports publics, sont des éléments essentiels de maintien et de développement des zones rurales. Il ne s’agit pas ici d’un débat simpliste, mais bel et bien d’un enjeu majeur qui se pose en terme de droit. Un Auvergnat a tout autant le droit que quiconque de pouvoir disposer de tous les services publics utiles et essentiels à son équilibre de vie. L’Etat a donc un devoir en la matière, mais nous assistons à une démission et à un « déménagement du territoire », si l’on se réfère notamment au récent mouvement des élus creusois confrontés à de nombreuses fermetures de services publics d’Etat. A l’image de l’Auvergne, les collectivités multiplient toutefois leurs initiatives en faisant appel à des solutions innovantes pour proposer de nouveaux services (accueil de nouveaux ruraux, points visio-publics, points multiservices,  développement des filières agricoles courtes et du « bio »).

 

J’aurais aimé évoquer l’avenir de la ruralité avec le Président de la République, j’aurais aimé participer à la table ronde qu’il organise. J’aurais aimé expliquer nos mesures régionales en faveur des filières agricoles de qualité et de l’agriculture biologique. J’aurais apprécié un échange serein, constructif, un débat sur les différentes conceptions du développement rural et des moyens à mettre en œuvre. J’aurais aimé mais….la collectivité territoriale que je représente n’a pas été invitée.





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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 17:21

Lorsqu’on a un projet qui nous tient à cœur, il ne faut jamais baisser les bras, et toujours se dire que le travail finira bien par payer : je viens tout juste d’en avoir une nouvelle illustration. Après de longues années de travail, d’échanges et de négociations, je suis heureux de pouvoir annoncer la mise en place d’une liaison aérienne entre Clermont-Ferrand et Southampton, du 21 mai au 24 septembre 2011. La compagnie low-cost Flybe.com est en effet en mesure d’assurer, pour cette période, trois aller-retours par semaine. Notre persévérance, sur ce dossier, a donc fini par porter ses fruits : grâce à ces six vols hebdomadaires, les Auvergnats sont désormais à une heure de l’Angleterre.

 

Avec cette liaison, nos amis venus d’outre-Manche sont eux aussi, désormais, à une heure de vol de notre région. Voilà une belle occasion pour nous de faire connaître la destination Auvergne, et d’ouvrir encore un peu plus notre région aux autres, à l’Europe, à l’extérieur. Il nous revient de promouvoir à présent en Angleterre l’idée de découvrir l’Auvergne le temps d’un séjour, et les atouts que compte notre Région ne manqueront pas, j’en suis certain, d’en convaincre plus d’un !  Je souhaite quoi qu’il en soit une longue vie à cette liaison directe Clermont-Ferrand / Southampton, qui relie enfin l’Auvergne et le Sud de l’Angleterre.

 

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:12

A l'occasion de la fin du sommet du G20, Mr Sarkozy s'est une nouvelle fois illustré par le don qu'on lui connait bien d'essayer de récupérer les concepts et idées des autres. Un jour héritier de Jaurès, le lendemain plus gaulliste que le Général de Gaulle en personne, il vante aujourd'hui, les valeurs d'un "Nouveau Monde" qu'il prétend construire afin d'en finir avec la gangrène d'un système économique et financier parvenu à son extrême usure.

Depuis plusieurs mois, et après un travail dense qui n'a rien à voir avec des formules plaquées à l'emporte pièce, la Région Auvergne, par ses actions concrètes, par ses politiques publiques, agit et met en avant le concept d'Auvergne Nouveau Monde.

Cette démarche, sincère, s'appuie sur une réalité. Nous construisons dans notre Région un "Nouveau Monde" : la jeunesse est la grande cause régionale du mandat et chaque jour nous consacrons plus de 584.500 euros à l'éducation et la formation, nous faisons preuve de l'enthousiasme des bâtisseurs d'avenir au service d'un aménagement du territoire solidaire, d'une politique d'accueil de populations nouvelles saluée à l'échelle européenne (les résidences d'entreprises) ; nous préparons demain en soutenant l'innovation et déjà, nous avançons vers le Très Haut Débit pour tous. Tout ceci en ayant à coeur de sauvegarder le patrimoine de tous, notre environnement.

Le Nouveau Monde n'est véritablement pas dans les formules. Il est dans les actes au service d'un modèle de société juste et grand; il l'est également dans les engagements tenus, une bonne habitude que nous avons à coeur de suivre.

L'Auvergne, un Nouveau Monde !

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 17:29

Dans le contexte de grave crise,  politique, institutionnelle, économique, sociale et environnementale, que traverse notre pays,  les président(e)s de Région  considèrent qu’il est urgent de jeter les bases d’un nouvel approfondissement de la décentralisation, accordant enfin  à la Région sa  vraie place dans notre système politique et administratif.

Depuis les lois de décentralisation de 1982, les Régions  se sont construit une pleine  légitimité, démontrant  leur efficacité dans tous les domaines de compétences transférés (lycées, TER, formation professionnelle, aménagement du territoire, développement économique et développement durable, transports). Elles ont également acquis une importante visibilité dans d’autres secteurs aussi prioritaires que l’enseignement supérieur, la recherche, la culture ou la santé. Elles ont démontré la solidité de leur gestion, avec des budgets équilibrés, des choix rigoureux, une dette maîtrisée, soit 200 euros par Français au lieu de 20000 euros pour l’Etat.

En partenariat avec l’ensemble des collectivités, les Régions sont devenues les pivots des politiques d’aménagement du territoire. En contractualisant avec l’Etat, elles ont démontré leur attachement à la cohérence des priorités nationales sur le territoire régional. Elles ont profondément renouvelé l’action publique ont rendant féconde l’articulation  avec les initiatives privées, notamment dans les champs de l’emploi, de l’innovation et de la recherche. Bref, elles ont administré la preuve qu’elles étaient l’échelon pertinent pour élaborer des stratégies durables et les programmes à long terme porteurs d’avenir. Elles construisent, année après année, la France de demain, tout en répondant  jour après jour aux attentes de leurs concitoyens.

Aujourd’hui, la réforme territoriale péniblement, adoptée en CMP le 3 novembre, porte une grave atteinte au fait régional, avec la création du conseiller territorial et  donc sur l’avenir de la France.

Face à cette situation qu’ils dénoncent avec force, les présidents de Région, réunis ce jour à Paris pour le 6ème  Congrès  de l’ARF, entendent  réaffirmer que le pays  a, plus que jamais,  besoin de Régions fortes, à l’instar de ce que l’on observe chez nos voisins européens.

Il est urgent de se tourner enfin vers l’avenir et d’agir, dans  quatre directions : 

Pour rendre l’action régionale pleinement efficace, garantir l’exercice des compétences en simplifiant et en clarifiant les responsabilités : un  pilotage régional clair de la chaine orientation/formation/emploi s’impose,  dans le cadre de  schémas régionaux véritablement prescriptifs.  De même, les Régions deviendraient  l’autorité de gestion des fonds européens et la compétence en matière de développement économique leur serait pleinement dévolue, dans le respect du rôle de l’Etat.

Pour adapter les politiques régionales aux  diversités territoriales,  accorder un pouvoir normatif aux Régions et moderniser les circuits de décision : ces grandes collectivités doivent être créatrices de droit dans leurs champs de compétences et ne plus dépendre en tout de textes nationaux

Pour jouer pleinement la complémentarité entre l’Etat et les Régions, il faut refonder leurs relations, en instaurant une véritable Conférence Etat/Régions, très différente de la conférence des exécutifs, en liaison avec les autres collectivités pour les sujets qui les concernent.

Enfin, pour donner aux  Régions les moyens durables de leurs ambitions, il est urgent  de jouer la cohérence, en réformant la fiscalité locale. Le principe serait de définir une ressource pérenne en lien avec les attributions régionales, par exemple un  versement sur les  transports, un prélèvement sur l’activité des sociétés d’autoroutes, ou  une taxe sur le numérique, à l’instar de la taxe sur l’électricité prélevée au profit des communes et des départements.

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 17:40

photo.jpgA l'occasion du Congrès de l'Association des régions de France qui s'est déroulé ce vendredi à Paris, je suis intervenu aux côtés de Yann Arthus Bertrand sur le thème des défis environnementaux à relever pour l'avenir de nos régions, citant, notamment les multiples réalisations qui font qu'aujourd'hui l'Auvergne avance, pas à pas, pour devenir une Eco-Région : parcs naturels régionaux, soutien à la filière bois-énergie, plan biodiversité, politique agricole fondée sur le développement durable et la proximité.

 

 

Lors de ce rendez-vous, Yann Arthus Bertrand a salué l'exemple de l'Auvergne et notamment le dispositif des repas bio dans les Lycées, puisque depuis 2004, non seulement le budget de la Région en faveur de l'agriculture biologique est passé de 200.000 à 1,3 million d'euros annuels mais en outre, le nombre de repas bio servis dans les établissements d'Auvergne a connu une hausse considérable : 28.000 en 2009 !

 

Cette reconnaissance  est importante car elle nous incite à continuer à avancer vers un modèle durable et humain, vers une Auvergne porteuse des réalisations d'un nouveau monde !

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 09:36

comite-regions-jeudi-4.jpg

J’ai récemment participé à Bruxelles, en session plénière du Comité des Régions d’Europe, aux débats suscités par la stratégie numérique et les mesures concrètes à prendre pour faciliter le déploiement et l’adoption de connexions à haut débit rapides et ultrarapides dans l’Union européenne. J’ai dû, à cette occasion, attirer l’attention sur la nécessité de veiller à la couverture des zones rurales et des zones les moins peuplées, soulignant le fait que la fracture numérique est non seulement une réalité, mais qu’en outre elle mène à une fracture sociale, territoriale et culturelle. Combler le fossé numérique dans des zones rurales en retard de développement constitue l’un des meilleurs leviers de croissance durable pour ces territoires.

 

L’accès au haut débit est devenu, à mes yeux, un véritable « droit universel ». C’est justement en ce sens que j’ai proposé d’intégrer le haut débit rapide et ultrarapide dans le champ d’application de la directive « service universel ». Je ne pense pas que les moyens actuellement prévus par la Commission européenne soient à la hauteur des enjeux. Et faute de ressources financières, les autorités territoriales ne sont pas en mesure d’assurer seules la couverture des zones rurales, ni de réaliser des projets de longue haleine dans le domaine du numérique.

 

Or nous savons pertinemment que les grands opérateurs sont réticents dès lors qu’il s’agit d’investir dans les zones les moins peuplées : la loi du marché favorise bien sûr la couverture des grandes agglomérations, au détriment d’un aménagement équilibré et solidaire du territoire. À ce titre, je pense qu’il est indispensable que de nouvelles politiques courageuses soient mises en œuvre, qui osent aller à l’encontre d’intérêts bien établis afin de garantir à tous une égalité d’accès à un prix abordable. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à défendre de telles positions : lors d’un atelier organisé dans le cadre des Open Days 2010, auxquels j’ai également participé, William E. Kennard, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, a insisté à son tour sur le besoin d’un engagement politique fort pour réduire encore la fracture numérique. C’est un avis que je partage complètement…

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 09:35

Personne ne conteste la nécessité de ramener un peu d’équilibre dans les finances publiques, mais les leviers que le gouvernement utilise pour faire des économies sont non seulement contestables, mais aussi contreproductifs. Le projet de loi de finances présenté début octobre ambitionne de ramener les déficits publics à 6 %, contre 8 % attendus à la fin de l’année 2010. Soit. Mais les économies faites sur les interruptions des mesures de relance, de l’ordre de 16 milliards d’euros, et les économies sur les niches fiscales (10 milliards) promettent déjà d’être bien insuffisants pour une ambition de réaliser un effort budgétaire de 40 milliards comme annoncé.

 

Les 10 milliards correspondant à la réduction des niches fiscales ne sont clairement pas à la hauteur des enjeux : il y avait beaucoup plus de marge, sachant que la France détient le record mondial en la matière ! Mais la ligne politique actuelle, symbolisée par le bouclier fiscal, n’est pas à une répartition juste et équitable de l’impôt. En refusant toute hausse générale des impôts, et se privant de nombreuses recettes, le gouvernement se prive d’un levier d’action capital. La conséquence directe de ce choix politique est que la France prévoit de faire porter son effort budgétaire, en 2011, sur les dépenses principalement.

 

Nous allons à nouveau assister, soyons-en sûrs, à des dégâts inévitables dans nombre de politiques publiques. L’austérité conduira cette année encore l’État à diminuer les moyens des collectivités locales, qui sont le principal investisseur en France à l’heure actuelle. Les Régions, les Départements, les intercommunalités se verront rapidement confrontés à des gels en valeur des dotations. L’Éducation nationale va encore perdre des postes (16 000 suppressions envisagées), et le gouvernement a d’ores et déjà embrayé la marche arrière par rapport aux priorités écologiques (moyens budgétaires en baisse, baisse des aides aux installations « propres » des particuliers, etc.

 

Autrement dit, le gouvernement annonce un effort budgétaire pour 2011 qui se base sur des prévisions très optimistes d’une croissance qui serait miraculeusement retrouvée, avec une hypothèse de 2 % peu réaliste et qui porte essentiellement sur une réduction des dépenses, donc aussi des investissements. Cela n’annonce absolument rien de positif, la France risquant de toute façon de voir ses finances publiques dériver à nouveau. Manque de réalisme, casse annoncée des politiques publiques : il n’est pas nécessaire de regarder à la loupe le projet de loi de finances pour 2011 pour constater qu’il est tout simplement irresponsable.

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 15:36

47033 10150276940625123 75853605122 14843668 5398282 nLes filières de l’élevage traversent une crise majeure. De trop nombreux éleveurs connaissent des difficultés qui les conduisent pour certains à renoncer à leur métier.

 

Cette situation de crise ne doit plus perdurer. Il faut sortir de cette spirale de l’échec. Il faut redonner à l’élevage français sa fierté et assurer son dynamisme, en lien avec les attentes de nos concitoyens. Il faut agir, il est temps de mettre en place les actions politiques nécessaires.  

 

Comme  Président du Conseil régional d’Auvergne et ancien ministre de l’agriculture, je lance aujourd’hui « l’appel de Clermont-Ferrand pour le renouveau de l’élevage ».

 

Cet appel s’adresse à l’ensemble des responsables politiques, aux agriculteurs eux-mêmes et à l’ensemble de la société.

 

·        L’élevage est essentiel à l’équilibre économique, social et environnemental de nos territoires ruraux.

 

·        L’élevage participe à la sauvegarde de notre indépendance alimentaire. Nous avons besoin de toute la diversité et de la qualité de toutes nos productions agricoles, et particulièrement de nos productions animales.

 

·        L’élevage est vital pour les territoires, il en est même constitutif. Il est urgent de sauvegarder ce « patrimoine élevage ». Laisser disparaître l’élevage dans certaines régions est inacceptable.

 

·        Nos concitoyens doivent avoir confiance dans nos modes d’élevage.

 

·        Le monde agricole doit quant à lui répondre au mieux aux demandes de la société que ce soit en matière de qualité, de sécurité, d’écologie.

 

·        Consommateurs et éleveurs doivent se retrouver dans un nouveau « pacte », dans une ambition partagée, ceci dans l’intérêt réciproque des uns et des autres. 

 

·        Pour réussir, il faut sortir de la logique économique actuelle qui met en concurrence toutes les agricultures du monde, alors que les règles du jeu sont partout différentes. Assurer l’indépendance alimentaire des peuples, sauvegarder l’équilibre de nos territoires d’élevage, le marché seul ne le peut pas.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en protégeant le marché européen. Aucune concession en la matière n’est possible. L’Europe doit sauvegarder la préférence communautaire. L’Union européenne ne doit pas brader l’élevage au profit d’autres intérêts économiques. L’élevage n’est pas la monnaie d’échange pour exporter nos airbus. Il faut rester ferme vis-à-vis du Mercosur et plus généralement dans le cadre des négociations sur le commerce international.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en défendant une PAC forte pour l’après 2013. Il faut défendre une PAC juste et rééquilibrer les aides en faveur des régions d’élevage. Il faut une PAC qui soutient l’emploi, qui privilégie le nombre d’actifs dans les exploitations et non le nombre d’hectares. Les avantages écologiques de l’élevage à l’herbe devront être soutenus par des soutiens spécifiques complémentaires et incitatifs. La future PAC devra être territorialisée et prendre en compte les spécificités de chaque région d’élevage. Et la PAC devra bien sûr être dotée d’un budget à la hauteur des enjeux à venir. Il faut sanctuariser le budget, et dans cette enveloppe, rééquilibrer les soutiens vers l’élevage.

 

·        Il faut agir pour l’élevage en défendant les prix... Il s’agit là d’une question majeure et centrale. Défendre les prix, c’est d’abord assurer un cadre économique favorable et défendre une PAC forte et juste.  Défendre les prix, c’est aussi gérer la production au plus proche de la demande, réguler les marchés par la puissance publique. La régulation des marchés, cela représente des avantages indéniables, et des avantages qui coûtent peu au budget de la PAC et aux budgets des Etats. Défendre les prix, c’est rééquilibrer le rapport de force entre les éleveurs et l’aval des filières. Il faut encourager le regroupement de l’offre et stopper les pratiques abusives de la grande distribution. Eleveurs et consommateurs doivent devenir les maillons forts de chaque filière. Mais il faut pour tout cela des règles équitables et justes que seule la loi pourra imposer : il y a urgence.

 

 

Voilà les principes d’action qu’il semble utile de promouvoir. J'invite chacun, éleveurs, consommateurs, responsables politiques et syndicaux, à s’en emparer.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 19:44

J’ai appris avec beaucoup d’étonnement l’absence du Ministre Bruno Lemaire au Sommet de l’élevage cette année, et je la regrette.

 

En ne venant pas en Auvergne, le Ministre fait preuve d’un manque de considération à l’égard de cet événement majeur pour les filières animales que constitue le Sommet de l’élevage.

 

Ce renoncement marque également le peu d’intérêt que porte le Ministre pour les territoires d’Auvergne et du Massif Central.

 

Cette absence traduit enfin un manque total de considération à l’égard des éleveurs qui traversent une situation de crise de plus en plus alarmante et qui ne fait que perdurer. Des mesures sont nécessaires pour redonner à l’élevage des perspectives d’avenir. Le Sommet de l’élevage était l’occasion pour le ministre d’être à l’écoute des éleveurs et de faire part de ses propositions. Il n’en est rien.  

 

Je considère l’agriculture comme un secteur stratégique. L’élevage est une activité vitale, structurante pour nos territoires. Voilà pourquoi la Région Auvergne agit en faveur du monde agricole, avec les moyens dont elle dispose, moyens que l’Etat ne cesse de rogner.

 

Je serai pour ma part présent avec détermination au Sommet de l’élevage le vendredi 8 octobre à partir de 10 h 30, dans le cadre d’une grande table ronde que le Conseil régional organise sur le thème de la politique agricole. Cet événement accueillera les députés européens José Bové, Jean-Pierre Audy, Stéphane Le Foll, Patrick Le Hyaric, les responsables des syndicats agricoles Dominique Barrau, Philippe Collin, François Lucas, et le scientifique Hervé Guyomard. J’espère pouvoir y croiser de très nombreux éleveurs.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:06

Tout le monde se souvient du véritable buzz qu’ont fait « Les disparus de l’Auwwwergne » et « L’Auwwwergne de la Tentation » l’an dernier. À travers une campagne de vidéos humoristiques, la Région avait alors rappelé aux internautes de toute la France que l’Auvergne était une terre numérique, à 100 % haut débit. L’aventure est loin d’être terminée, et j’ai été heureux de présenter, jeudi 30 septembre, la version 2.0 de la plate-forme www.auwwwergne.com que je recommande à toutes les Auvergnates et à tous les Auvergnats (ou plutôt les Auwwwergnats, d’ailleurs !) d’aller visiter en quelques clics, et de faire vivre.

 

Cette Auwwwergne, c’est un outil : une plate-forme de libre expression et de créativité pour tous les Auvergnats et les amis de l’Auvergne. Média social d’ampleur régionale, l’Auwwwergne 2.0 a été doté de nouvelles fonctionnalités : un fil d’actualité avec des billets de blogs auvergnats, un agenda participatif, un « wiki de l’Auwwwergne » à construire ensemble, etc. Je suis fier que ce soit dans notre région que soit né un tel projet, ouvert aux autres, ouvert au partage, ; et qui fédère déjà quelque 600 internautes. Chacun est donc invité à rejoindre ce réseau social qui permet de rencontrer des amis, de rejoindre des groupes, de dialoguer, de partager des savoir-faire, d’animer soi-même un blog.

 

En somme, www.auwwwergne.com est non seulement une plate-forme de blogs, mais a aussi pour vocation de devenir un « facebook qui a une âme », pourrait-on dire. Et c’est l’âme de l’Auwwwergne, bien sûr ! Avec tous ses petits suppléments…

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