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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 19:37

Faire marche arrière sur le bouclier fiscal en temps de crise, alors que même certaines personnalités politiques de droite estiment qu’il serait nécessaire de le faire, Nicolas Sarkozy ne le fera pas. En revanche, quand le gouvernement cherche à faire la chasse aux économies, c’est du côté de l’Éducation nationale qu’il tourne son regard. De 2011 à 2013, Luc Chatel envisage des milliers de suppressions de postes, d’augmenter les effectifs des classes, et de supprimer purement et simplement des postes des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED)…

 

L’intérêt des élèves est-il pris en compte avec de telles mesures ? Dans des conditions d’enseignement dégradées, la pédagogie individualisée passe à la trappe, et ce sont évidemment les élèves les plus défavorisés qui seront les laissés pour compte du système, eux qui ne sont pas des « héritiers » comme le disait Bourdieu, eux dont le patrimoine n’est pas financier ou social ; eux dont le seul patrimoine est l’école publique !

 

L’école publique est l’un des socles de notre pacte républicain en même temps que la meilleure chance de promotion sociale pour les plus modestes. C’est ce modèle qui serait menacé par l’application comptable et stupide du principe de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans l’Éducation nationale. Il est déplorable de voir que lorsque le gouvernement envisage un « sacrifice », c’est justement sur l’enseignement et sur l’avenir de nos enfants qu’il décide de le faire.

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:01

Suite aux propos tenus dans la presse par Monsieur Dugléry (UMP) je souhaiterais rappeler notamment aux élus de l’opposition que le temps de la campagne électorale est derrière nous et qu’aujourd’hui, l’action doit prévaloir sur la polémique.

 

C’est particulièrement indispensable dans le domaine économique si l’on considère le contexte de crise qui perdure, et particulièrement crucial pour les entreprises et les salariés auvergnats qui rencontrent de grandes difficultés.

 

Dans cet état d’esprit,  j’ai réuni il y a un mois  la cellule de veille économique et sociale pour relancer la concertation avec les observateurs et les acteurs de la vie économique en Auvergne ; l’objectif étant d’adapter en permanence nos dispositifs d’accompagnement.

 

A l’instar des réunions précédentes, chacun a répondu présent. Nous avons donc pu avancer sur un certain nombre de pistes en faveur du développement économique de notre Région dans un climat particulièrement constructif et responsable ;  les représentants des groupes politiques et notamment celui de l’opposition étant bien évidemment invités à assister à cette réunion.

 

L’Agence régionale de développement économique  (ARDE) a par ailleurs élu récemment son nouveau Président Hamid BERKANI et son nouveau conseil d’administration. Là encore, je tiens à préciser que deux sièges sont occupés par les représentants de l’opposition au sein de cette instance économique qui agit au jour le jour pour favoriser l’installation et le développement d’entreprises en Auvergne.

 

Cela participe d’une gouvernance qui donne toute sa place à la transparence. A ce titre, les modes de représentations sont parfaitement conformes aux règles d’attribution à la proportionnelle que nous nous sommes fixé pour toutes les instances auxquelles participe la Région.

 

Dans les deux cas que relève Monsieur Dugléry, il convient de ne pas se tromper d’approche. Il y a des temps et des lieux  pour le débat politique : la campagne électorale et les réunions de l’assemblée régionale sont de ceux-là. Les élus de l’opposition feraient bien d’en prendre conscience.

 

En aucun cas, la cellule de veille économique et sociale et l’ARDE ne doivent servir de marche pied à la polémique politicienne. Elles perdraient ainsi toute crédibilité et toute force d’action.

 

A contrario, nous devons faire perdurer un mode de gouvernance qui assure une confiance mutuelle et si j’en juge la participation et la qualité des relations que nous entretenons avec nos nombreux partenaires du monde économique et social, nous avons tout intérêt à poursuivre notre action en ce sens.

 

L'expression claire et nette du suffrage universel du mois de mars dernier nous le commande, le temps de l'action est venue !

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 13:48

  

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Depuis le temps que nous l’attendions, que nous en rêvions, le bouclier de Brennus est enfin auvergnat ! En remportant la finale du Top 14, samedi soir face à Perpignan, les Jaune et Bleu de l’ASM sont devenus, pour la première fois de leur histoire, champions de France de rugby. Les nombreux supporters attendaient cet instant depuis toujours (99 ans exactement !), ils ont été des dizaines de milliers à savourer cette victoire, samedi et dimanche place de Jaude, à Clermont-Ferrand. Le rassemblement auquel j’ai pris part dimanche, pour accueillir les joueurs et le trophée, était réellement impressionnant, illustrant bien la ferveur populaire qu’a généré cette victoire historique.

 

 

Car s’il est une victoire méritée, c’est bien celle-là… L’équipe clermontoise a été la plus régulière de France, ces dernières années, se propulsant quatre fois consécutivement en finale de la compétition depuis 2007, signe d’un courage et d’une persévérance sans faille. Jusqu’à présent, le quinze entraîné par Vern Cotter avait toujours échoué d’un cheveu, au grand dam d’un peuple auvergnat qui craignait une véritable malédiction rugbystique. Mais 2010 a enfin été la bonne ! Prenant leur revanche sur les Catalans de l’USA Perpignan, qui les avaient défaits l’an dernier, les joueurs de l’ASM se sont imposés par 19 à 6 samedi soir, déclenchant une explosion de bonheur dans les rangs de supporters nombreux et fidèles. C’est une consécration juste, la persévérance a fini par payer. Et depuis samedi soir, l’Auvergne est souriante et heureuse.asm-2010-0026-1.jpg

 

 

Vive l’ASM, et encore bravo !

 

 

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:11

 

La nécessité de sauvegarder notre environnement ne quitte guère les grands titres de l’actualité en ce moment. Après la catastrophique marée noire due à la fuite de pétrole d’un puits dans le golfe du Mexique, un rapport de l’ONU sur la biodiversité, présenté lundi 10 mai, sonne lui aussi comme un sévère rappel à l’ordre. Présenté par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, ce rapport dresse un état des lieux alarmant sur la situation mondiale. L’ONU rappelle qu’en 2002, la communauté internationale s’était fixé des objectifs précis pour réduire la perte de biodiversité d’ici 2010. Or cette année risque fort d’être, au contraire, une année noire.

 

Le rapport indique que non seulement les objectifs de 2002 n’ont pas été atteints, mais qu’en outre certaines situations sont sur le point de devenir irréversibles : dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne, modification de nombreux lacs d’eau douce, effondrement de plusieurs écosystèmes de récifs coralliens, etc. Sur les quinze indicateurs choisis pour veiller aux évolutions de la biodiversité, dix sont dans le rouge. Et pour l’ONU, la responsabilité incombe en grande partie aux gouvernements qui, de par leur manque d’engagement, « n’ont pas atteint leurs objectifs : les États possèdent encore des marges de manœuvre pour inverser la tendance ».

 

Encore une fois, le manque de volontarisme (voire l’attentisme…) sont pointés du doigt. Or « attendre » est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre pour endiguer la perte de biodiversité. C’est justement dans ce sens qu’allait le rapport intitulé « Un nouvel élan pour enrayer la diminution de la biodiversité » que j’ai présenté, à Bruxelles, au Comité des Régions en juin 2009. Et si certains doutaient encore de l’utilité de prendre le problème de la perte de biodiversité à bras-le-corps, ils feraient bien d’examiner les conclusions de ce dernier rapport de l’ONU : il y a vraiment urgence.

 

 

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 10:08

 

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé une quarantaine de mesures pour les territoires ruraux, portant notamment sur la couverture numérique des territoires, les transports, le développement économique, l’accès aux soins et les services publics.

 

Pour les habitants de cette France des campagnes et des petites villes, pour les porteurs de projets (élus, entrepreneurs, associations) animés d’un formidable désir de vie, bouillonnant d’idées et soucieux de faire partager l’enthousiasme que chacun met, quotidiennement, à bâtir l’avenir, les annonces laissent un goût amer et un fort sentiment d’inachevé. Je ne peux m’empêcher de constater encore une fois que la montagne de discours accouche de petites souris en terme d’actes concrets.

 

5 milliards sont prévus. Encore une fois cela ne coûte rien de le dire, d’autant que la même semaine le Premier Ministre a annoncé 6 milliards en moins de dépenses sociales de l’Etat ! En outre, ces crédits sont tributaires pour moitié du grand emprunt, lequel n’est pas encore lancé, tandis que l’autre moitié sera redéployée à budget constant. D’ores et déjà il y a fort à penser que l’on va déshabiller Pierre pour habiller Paul et ce faisant, en abandonnant certains projets, comme par exemple en Auvergne la délabellisation du pôle de compétitivité « Innoviandes », on va en financer d’autres ! 

 

D’autre part, les mesures en faveur du transport ferroviaire ou des maisons de santé par exemple seraient accueillies avec plus d’espoir si l’Etat ne se bornait pas à faire exactement le contraire de ce qu’il dit. Récemment encore, j’alertais la Ministre de la Santé sur les menaces qui pèsent sur les services de chirurgie des petits hôpitaux publics comme celui de Brioude [lettre à Roselyne Bachelot] et dans la même veine alors que la Région s’échine à sauver le réseau ferré depuis 4 ans, de nouvelles menaces pèsent sur la ligne du Cévenol (Clermont –Nîmes) !    

 

Pour répondre aux défis qui se posent à la ruralité du XXIème siècle, et face à la déshérence organisée des territoires menée par un Etat qui érige en dogme intouchable et sacré le « bouclier fiscal » ; la gauche, dans son projet pour l’alternance, et d’ores et déjà dans sa pratique quotidienne des responsabilités au sein des régions et des départements met en oeuvre un véritable « bouclier rural » face au nouveau « désert français » que prépare la droite.

 

Un bouclier fondé sur une économie locale durable et notamment via une agriculture réorientée, source de revenus pour les exploitants, un bouclier qui accompagne les territoires dans leurs projets de développement, un bouclier appuyé sur un niveau plancher de services à la population notamment en mettant en avant les nouvelles technologies ; un bouclier rural pour une nouvelle politique d’aménagement du territoire, c’est ce que je défends pour l’Auvergne et dans le cadre de mes nouvelles missions au sein de l’Association des Régions de France, pour une politique de la ruralité solidaire et juste.

 

 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 18:59

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En raison du calendrier électoral, la réforme de l’État et des collectivités locales est sortie des feux des projecteurs médiatiques depuis quelques longues semaines. Pour autant, les responsables de collectivités territoriales, à commencer par les présidents de Régions, ne l’ont pas oubliée ! Tout comme les présidents de Conseils généraux qui se montrent particulièrement soucieux pour l’avenir de leurs finances, au point de se regrouper sur cette question en faisant fi de leurs divergences politiques, les représentants de l’Association des Régions de France (ARF) tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Par un courrier envoyé au Président de la République, ils attirent à nouveau l’attention sur quelques erreurs à ne surtout pas commettre dans les décisions qui se profilent.

 

Comme le souligne ce courrier, nos voisins européens ont compris que la décentralisation constitue le gage d’une meilleure efficacité des politiques publiques, et ont poursuivi sur une dynamique de décentralisation en renforçant en particulier le rôle des Régions. Des Régions qui sont par ailleurs, rappelons-le au passage, devenues un partenaire de l’Europe par l’intermédiaire du Comité des Régions, dont je suis membre. Dans le même temps que fait la France ? Et bien à travers la réforme telle qu’elle a été pensée, elle marche à reculons, nageant en plein contresens par rapport à la dynamique européenne. La réforme de la taxe professionnelle privera définitivement les Régions de leur autonomie fiscale. D’autre part cette réforme des collectivités locales, actuellement en débat au Parlement, n’apporte à nos yeux aucune vraie réponse au besoin de clarification des compétences entre l’État et les collectivités, ni même entre collectivités.

 

Nous ne pouvons pas laisser dire, par les représentants du gouvernement, que les collectivités « gèrent » mal leurs finances. D’une part elles se soumettent, en préparant leur budget, à la règle d’équilibre entre recettes et dépenses, ce que ne fait pas l’État soit dit au passage, d’autre part les collectivités assurent à elles seules plus des deux tiers des investissements réalisés sur le territoire national. Nous ne comptons malheureusement plus les exemples où l’État vient « mendier », parfois même en tentant le passage en force, de l’argent aux collectivités pour boucler des dossiers qui sont pourtant entièrement de sa compétence : citons les lignes à grande vitesse, le plan Campus pour les universités, et évidemment les routes nationales, pour le financement desquelles l’État ne cesse de nous solliciter !

 

Il est lamentable, de la part de certains membres du gouvernement et ils ne se sont pas privés de le faire pendant la campagne des régionales, de stigmatiser l’action des collectivités locales à des fins politiciennes. Une réforme qui réduirait la marge de manœuvre des Régions en portant un coup de butoir à leur autonomie financière, serait non seulement une catastrophe sur le plan économique, puisqu’elle freinerait les collectivités dans leurs investissements, mais aussi un pas en arrière par rapport à la démarche de nos partenaires européens qui au contraire renforcent le rôle des Régions.

 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 15:28

Cette semaine, j'ai donné une interview au site LOCALTIS concernant l'avenir de la Politique Agricole Commune.

 

 http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/Page/homepageLoc

 

" Désigné par le Comité des régions pour rédiger un avis d'initiative sur la future politique agricole commune (PAC) 2013-2020, le président du conseil régional d'Auvergne, René Souchon, dévoile en avant-première à Localtis les grandes lignes de son projet qui sera examiné en séance plénière le 9 juin.

 

Localtis : Quels sont, selon vous, les grands enjeux de la future PAC pour les régions européennes ?

 

René Souchon : Ils sont nombreux et je les ai répertoriés dans mon projet d'avis mais pour moi, l'essentiel est de réaffirmer la nécessité d'une politique agricole commune car la tentation de nationaliser est extrêmement importante. Or, la nationalisation serait catastrophique. Ensuite, la PAC doit assurer l'indépendance et la sécurité alimentaire de l'Europe tout en garantissant la diversité agricole et en veillant à un bon équilibre des cultures. La PAC doit aussi assurer une stabilité des revenus des producteurs et le maintien de l'emploi dans l'agriculture. Pour ce faire, il faut développer des outils de stabilisation des prix et de maîtrise des productions. En outre, la PAC doit bénéficier à l'ensemble des productions. L'emploi et le développement des territoires sont les deux préoccupations majeures. Actuellement, la PAC se caractérise par une très forte inégalité de soutien aux productions. De plus, depuis plusieurs années, elle soutient plus l'agriculture que l'emploi. Tout cela doit changer. Enfin, la PAC doit être dotée d'un budget à la hauteur des défis et des enjeux à relever.
 

Vous prônez une régionalisation des aides européennes agricoles. Qu'est-ce que cela changerait, selon vous ?

 

La PAC doit faire évoluer ses modalités de gouvernance. Je pense que les régions doivent être parties prenantes dans les décisions d'orientation et de mise en œuvre de la politique agricole. Le Comité des régions estime d'ailleurs que le niveau régional est le seul capable de permettre une politique efficace et adaptée. Il y a aujourd'hui une multitude de modèles d'agriculture. Seules les régions sont capables d'apprécier ces divergences. Si on ne veut pas, par exemple, voir disparaître l'agriculture des zones de montagne (l'Auvergne est particulièrement concernée par le problème), il faut absolument une régionalisation. Il faut coller à la réalité des territoires. On ne peut plus se contenter d'une approche macro-économique de l'agriculture. Cependant, je sais que Bruxelles va invoquer le sacro-saint principe de concurrence. Ce à quoi je réponds que la concurrence doit se faire à conditions égales. Des critères objectifs peuvent parfaitement être définis et les régions peuvent être contrôlées par l'Europe mais elles n'en demeurent pas moins les mieux placées pour appliquer la politique agricole. Je ne demande pas que les régions gèrent les budgets mais je souhaite une véritable gouvernance des régions. D'ailleurs, tous les pays européens renforcent actuellement le rôle de cet échelon.


Père des quotas laitiers en France, souhaitez-vous que cette mesure soit remise au goût du jour par Bruxelles ? Faut-il l'adapter ? Et faut-il appliquer cette politique des quotas à d'autres secteurs agricoles ?

 

La préférence communautaire est indispensable. Je pense d'abord que c'est une erreur d'avoir intégré l'agriculture aux négociations de l'OMC parce que l'agriculture est devenue une monnaie d'échanges. C'est catastrophique car l'agriculture a beaucoup de rigidité et elle ne peut pas être livrée à la concurrence mondiale. En 2005, j'avais réalisé une étude sur les conséquences de la suppression des droits de douane sur l'élevage des porcs. Les conclusions étaient sans appel : le porc européen disparaissait. Je pense donc que l'Europe doit trouver des mécanismes pour mettre en œuvre la préférence communautaire. On ne peut pas laisser le marché gérer l'agriculture.


Concernant les quotas laitiers, ils ont joué un rôle très positif mais il faut faire évoluer le système. Je suis donc partisan de quotas modernisés ou assouplis afin de ne pas retomber dans le système très administratif que nous connaissions.


Globalement, il faut ajuster l'offre à la demande donc limiter la production à un certain moment. Partout où il y a des risque de production supérieure à la demande, il faut introduire une régulation sous forme de quotas ou de quantums. Ainsi, le lait mais aussi l'élevage bovin et d'autres cultures seront concernées par ces mesures.


Le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, n'est pas si loin de nos propositions mais il ne faut pas oublier que 22 pays sur les 27 Etats membres de l'Union européenne sont inspirés de principes libéraux. Je doute de la capacité de la Commission européenne à mettre en place ces mécanismes. D'ailleurs, je ne suis pas certain qu'il y ait une volonté réelle de l'Europe ou de la France à mettre en œuvre ces mesures.
 

Quels sont les secteurs agricoles qui doivent bénéficier d'une aide importante de l'Europe ?

 

Il existe toute une série de productions qui ne sont pas aidées aujourd'hui. Par exemple, le maraîchage devrait percevoir des aides européennes. Les productions de viande nécessitent aussi des aides. L'élevage ovin est devenu totalement marginal. S'il suit le même chemin que la production laitière, ce sera dramatique !
 

Comment Bruxelles peut protéger les zones agricoles défavorisées ?

 

La PAC doit impérativement prendre en compte les zones les plus fragiles, notamment les zones de montagne. Il faut élaborer une stratégie intégrée et la mettre en œuvre très vite. Contrairement à ce que pensent de nombreux citadins, l'environnement n'est pas naturel, il est cultivé et lorsque les territoires sont laissés en friche, ils se referment totalement. Les enjeux dépassent donc l'agriculture pour toucher notamment le tourisme. Ce sujet est très préoccupant, notamment en France où un groupe de travail a été mis en place pour réfléchir à la question. Très prochainement, je vais rouvrir les discussions au sein de l'Association des régions de France et je rencontrerai le ministre de l'Agriculture Bruno Lemaire à ce sujet.
 

Quelles mesures préconisez-vous en cas de nouvelle crise agricole ?

 

Aujourd'hui, nous pouvons anticiper ces crises mais il faut l'envie de le faire. La crise laitière a montré le manque de volonté de l'Etat. La contractualisation a été un progrès mais c'est insuffisant. Cela n'a pas réglé le problème. Il faut mettre en œuvre des mécanismes de régulation lourde comme la limitation de la production. L'Europe peut le faire mais il s'agit d'un problème politique et non pas technique. Bruxelles doit prendre conscience que nous allons vers des délocalisations majeures de certaines productions et que cela est catastrophique.
 

Etes-vous favorable au découplage des aides à une obligation de production ?

 

Je suis contre le découplage total. Dans le système de la PAC 2013, nous allons vers des aides à l'hectare qui me semblent intéressantes dès lors qu'elles sont modulées en fonction d'autres critères que ceux de la production. Il faut prendre en compte le maintien de l'emploi, le développement des territoires, le développement durable, le handicap naturel, etc. Cela serait plus juste et plus égalitaire. Cependant, je pense qu'il faut conserver le découplage pour les productions qui ne tiennent que par les aides européennes (comme les productions de viande en Auvergne).
 

Que pensez-vous de la répartition actuelle des aides entre le premier et le deuxième pilier de la PAC ?

 

Je pense que la PAC doit se concentrer sur l'agriculture et l'alimentation. Les mesures relatives au développement rural (le deuxième pilier) ne devraient pas relever de la PAC mais uniquement du Fonds européen agricole de développement (Feader). Dans mon projet d'avis, je questionne la Commission sur l'opportunité de conserver deux piliers de la PAC. Je n'en suis pas certain.
 

Comment l'Europe et les régions peuvent-elles soutenir la filière bio ?

 

La PAC doit absolument privilégier les systèmes de production les plus respectueux de l'environnement. La priorité doit être donnée aux financements des systèmes vertueux. Je préconise une exigence minimale pour l'obtention d'un premier niveau d'aide puis un supplément d'aide pour les agriculteurs qui vont plus loin et qui développent une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Cela permettra dans un premier temps d'essayer de répondre à la demande qui se fait de plus en plus forte. En Auvergne, par exemple, nous importons sept millions de litres de lait bio d'Allemagne chaque année. Sur le modèle des bonnes décisions prises par Michel Barnier lorsqu'il était ministre de l'Agriculture, nous devons aider à la mutation des productions au bio.
 

Quelle est, selon vous, la meilleure manière de développer les circuits courts ?

 

Les circuits courts sont très importants. Je préconise la relocalisation des productions par la commande publique. Cela permettra de donner une meilleure visibilité aux agriculteurs car les contrats sont passés sur trois ans. Mais, pour cela, il faut assouplir le Code des marchés publics et cela dépend de l'Etat français, non de l'Europe.

 

Propos recueillis par Muriel Weiss.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 16:29

 

Qu’un nuage de cendres généré par un volcan en Islande puisse, à ce point, bloquer les liaisons aériennes à l’échelle européenne, doit nous interpeller. Nous faisons face ici à un « caprice de Dame Nature », à un phénomène naturel ayant des répercussions, notamment économiques, colossales : le bilan financier sera lourd pour les compagnies aériennes. De plus, nous ne savons pas encore quelles seront les conséquences en matière de santé publique, mais la question s’est rapidement posée, suite à cette éruption, de savoir si oui ou non le nuage de cendres pouvait être dangereux pour la santé.

 

Nous ne sommes pas responsables de cette éruption, et pourtant nous en payons les conséquences. Voilà une raison de plus qui doit nous inciter à protéger notre environnement, à faire en sorte d’éviter que certaines activités humaines destructrices n’entraînent des conséquences écologiques irrémédiables, comme le réchauffement climatique. Nous avons déjà assez des phénomènes naturels (inondations, tsunamis, éruptions, tremblements de terre, etc.) nous montrant fréquemment que notre vie ne tient qu’à un fil, sans aller ajouter aux dangers naturels d’autres dangers que nous pourrons éviter si nous anticipons, si nous prenons des décisions courageuses afin de limiter l’impact des activités humaines sur la Terre : une planète nettement moins hospitalière quand elle est en colère….

 

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:55

 

LAssemblée générale de l’ARF, réunie au lendemain des élections régionales des 14 et 21 mars 2010, s’est félicitée du succès éclatant remporté par les Présidents de région sortants et leurs exécutifs.

Elle a procédé à l’élection de son président, Alain Rousset, Président sortant ; du 1er Vice-président, Jean-Paul Huchon ; du porte-parole, Martin Malvy  et du trésorier, Claude Gewerc. Le bureau sera complété lors de la prochaine Assemblée générale le 12 mai.

Les Présidents de Région demandent une audience au Président de la République.

Ils souhaitent rappeler en effet les conséquences de la réforme de la fiscalité qui prive désormais les Régions des moyens nécessaires à la poursuite des politiques qui viennent d’être largement approuvées par nos concitoyens.

Ils estiment essentiel un acte III de la décentralisation, et réaffirment leurs inquiétudes quant aux conséquences de la réforme en débat au Parlement sur les compétences des collectivités locales, en contradiction avec les exigences de modernisation de notre pays et de la construction européenne.

Les Présidents de Région déplorent le comportement du gouvernement dans sa mise en cause permanente des Régions dont il ne cesse pourtant de solliciter leurs contributions financières dans des domaines qui ne sont pas de leurs compétences. La situation financière de l’Etat est particulièrement préoccupante et les Régions refusent de devenir une simple variable d’ajustement budgétaire. Elles ne sont pas des services extérieurs de l’Etat.

 

Ils appellent donc solennellement l’attention du Président de la République sur l’incapacité dans laquelle les Régions se trouveraient de répondre à l’ensemble de ces sollicitations sans une profonde évolution des relations entre l’Etat et les Régions, et souhaitent donc le rencontrer au plus vite.

Les Présidents de Région

 

 

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 18:15

 

 

Les Français ont renouvelé leur confiance aux Présidents de Région, affirmant ainsi la reconnaissance des politiques conduites depuis 2004 et leur soutien aux programmes défendus lors de la campagne.

 

Les Français ont répondu ainsi aux attaques incessantes et indignes dont les collectivités territoriales, et notamment les Régions, ont été la cible de la part du gouvernement.

 

Mais les Français savent que les Régions ont rénové et développé les transports en commun laissés à l’abandon par l’Etat, que les Régions ont construit et modernisé les lycées mais également les universités pour permettre aux jeunes de se former et qu’elles se sont mobilisées pour faire face à la crise économique et sociale ainsi qu’aux défis environnementaux, notamment au travers de la promotion des énergies renouvelables et de recherche d’économies d’énergie.

 

Il n’y a plus que l’Etat qui semble ignorer que les collectivités locales financent 75% de l’investissement public et 45% du Plan de relance (contre 4% de la part de l’Etat) alors que le gouvernement multiplie les cadeaux et boucliers fiscaux à quelques privilégiés

 

Le gouvernement voulait faire de l’élection régionale un référendum sur la réforme des collectivités locales. Ce référendum, ce sont les régions qui l’ont gagné !

 

 

Dès lors, nous, Présidents de Région, demandons au gouvernement

 

-       de renoncer immédiatement au projet de réforme des collectivités locales qu’il veut faire adopter à marche forcée au Parlement. Nous demandons un vrai dialogue avec les collectivités, pour repenser leurs relations avec l’Etat, pour que les responsables politiques, nationaux ou locaux, travaillent ensemble avec pour seul souci l’intérêt général. L’arrivée en fin de droit d’un million de chômeurs nécessite une nouvelle coordination entre l’Etat et les Régions, ces dernières n’étant pas des services extérieurs de l’Etat.

 

-       de retirer le projet de loi du Grand Paris, que les Franciliens ont à travers leur vote clairement rejeté 

 

-       de conditionner toute évolution institutionnelle ou statutaire dans les collectivités d’outre-mer à une demande préalable exprimée par les élus de ces territoires,

 

-       D’ouvrir au plus vite dans chacune des  Régions la renégociation des contrats de projets signés en 2007 pour la période (2007-2013). Aujourd’hui, la donne a changé. Les Régions sont  privées d’autonomie fiscale  depuis la suppression de la taxe  professionnelle. Elles ne seront plus en mesure de co-financer les projets gouvernementaux qui n’étaient pas de la compétence des Régions. Plus que jamais, les Régions doivent mobiliser leurs ressources pour assumer leurs compétences propres et secourir, avant tout,  les populations et les territoires  victimes de la crise économique et sociale que nous subissons. L’Etat ne peut pas simultanément poursuivre son entreprise de « casse » des Régions et leur demander de venir financer les projets qu’il ne peut plus assumer seul. Si la contractualisation devait se poursuivre, cela ne pourrait être que sur des bases renouvelées.   

 

-       de s’engager résolument dans une nouvelle étape de la décentralisation, en donnant aux Régions, à l’image des autres pays en Europe, les moyens institutionnels et financiers de leur développement, gage de politiques publiques au plus près des besoins des Français..

 

Faute d’obtenir satisfaction, les Régions dont la détermination est encore renforcée par le résultat de l’élection, n’auront d’autre choix que de remettre en cause certains de leurs engagements envers d’Etat pour consacrer leurs énergies et leurs ressources aux projets validés par le vote des Français.

 

 

 

 
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